retour accueil 
 
 

 

 

Septembre 2010
Août 2010
Juillet 2010
Juin 2010
Mai 2010
Avril 2010
Mars 2010
Février 2010
Janvier 2010
Décembre 2009
Novembre 2009
Octobre 2009
Septembre 2009
Août 2009
Juillet 2009
Juin 2009
Mai 2009
Avril 2009
Mars 2009
Février 2009
Janvier 2009
Décembre 2008
Novembre 2008
Octobre 2008
Septembre 2008
Août 2008
Juillet 2008
Juin 2008
Mai 2008
Avril 2008
Mars 2008
Février 2008
Janvier 2008
Décembre 2007
Novembre 2007
Octobre 2007
Septembre 2007
Août 2007
Juillet 2007
Juin 2007
Mai 2007
Avril 2007
Mars 2007
Février 2007
Janvier 2007
Décembre 2006
Novembre 2006
Octobre 2006
Septembre 2006
Août 2006
Juillet 2006
Juin 2006
Mai 2006
Avril 2006
Mars 2006
Février 2006
Janvier 2006


 


( Tous les articles - octobre 2006 )
 POUR DE VRAI  

PANTOMIME

 

Cette comédienne déprimée disait : " je me suis tuée tant de fois sur scène que s’il m’arrivait de le faire pour de bon, je crois que j’aurais de la peine à y croire moi-même "

Nous sommes cette comédienne. Nous ne vivons pas, nous mimons. Sur le théâtre du monde, nous aimons, détestons, admirons et gesticulons pour la galerie.

Nos actes et nos sentiments sont à usage externe. Lorsqu’il s’agit de les faire ou de les éprouver pour de bon, nous croyons encore à une pantomime.

Il existe aussi des vins pantomimes.

De plus en plus,

Qui font de plus en plus de mal au vin.

Singeant les plus grands, ils nous privent d’un absolu plaisir, d’une pharamineuse découverte quand par miracle, il nous arrive de goûter à ceux-là.

 

 

Posté le 25/10/2006 - ( 0 )
 REPENTANCE  

TANT QU’IL RESTERA UNE ONCE D’INJUSTICE

 

La repentance collective est une notion que certains ont du mal à accepter.

Pourquoi se repentir sans cesse, disent-ils.

Qu’a-t-on fait de mal ?

Oublie-t-on nos bienfaits ?

Sans doute considèrent-ils le repentir comme une tache, une blessure faite à leur honneur, une névrose ou un masochisme.

Mais le repentir n’humilie personne, c’est au contraire un état qui nous fait vivre mieux.

La seule supériorité de nos sociétés occidentales sur d’autres sociétés humaines est justement leur capacité de se repentir.

Le repentir est un état permanent comme le souvenir, l’espérance ou la compassion.

Suffit-il de se repentir au sujet de la Shoah et, la conscience tranquille, d’oublier et de passer à autre chose ? On le sent bien, notre repentir doit durer autant que durera le souvenir de la Shoah. Il n’est pas une excuse, ni un pardon, il est une façon de porter l’histoire collective avec dignité.

Si nous n’avons pas le réflexe du repentir, aurons-nous jamais celui de nous améliorer ?

S’exonère-t-on du repentir par le bilan, oubliant que le passif de l’histoire n’est jamais comptable, qu’il est seulement humain et douloureux pour ceux qui le portent dans leur chair. Expliquez-leur à ceux-là, qu’il y a aussi un actif, qu’il y a ceci, qu’il y a cela, que tout n’est pas négatif, écoutez leur réponse.

En vérité, tant qu’il restera une once d’injustice dans le monde, nous devrons nous repentir.

 

En exergue, pour illustrer ce propos, une oeuvre de Michel Fourquet, actuellement en Nouvelle Calédonie.

Posté le 20/10/2006 - ( 3 )
 BORDEAUX  

 

UN CRU BOURGEOIS

UNE HONNETE FEMME

(ECHOS D’UNE VIEILLE BIBLIOTHEQUE)

 

- Une honnête femme.

- Ça n’existe pas, me dit-il.

- Ni plus, ni moins qu’un honnête homme, réponds-je, chevaleresque.

Et de plus on s’en fout ce n’est pas le sujet.

Une honnête femme c’est le sujet d’un romancier appelé Henri Bordeaux.

Pas un foudre de guerre, cet auteur, malgré son nom. Mais ici, il n’est pas trop tarte, parfois même il brille.

Ce livre est presque réussi.

Un intrigue simple, un adultère, on raffolait de ces histoires au début du 20ème siècle, le roman est écrit en 1914 (réécrit plutôt, c’est une deuxième mouture, c’est peut-être pour ça qu’il n’est pas si mauvais, la première version remontait à 1903).

L’histoire est resserrée, sans fioritures si ce n’est un trop-plein de sentiments doucereux (péché mignon de nombre d’auteurs de cette époque) mais que le rythme du récit maintient dans des limites raisonnables. Les personnages secondaires existent, ils ont de la chair.

Performance supplémentaire pour cet industriel du roman, le décor vit. Il faut dire que c’est le cadre somptueux d’Annecy, de son lac et du massif de la Tournette. Il arrive qu’on entende parfois le clapotis du lac, pas toujours.

Le papier est jaune et fragile comme une crêpe trop cuite, un régal.

Curiosité, il s’agit d’une édition illustrée de Flammarion, ce qui nous vaut quelques gravures (une dizaine) super laides d’un nommé Maillard que sans doute l’éditeur voulait aider à bouffer.

Un Bordeaux, premier cru. N’exagérons rien : cru bourgeois.

12/20

 

 

 

Posté le 17/10/2006 - ( 0 )
 PUB  

FIN DES VENDANGES ET DES VINIFICATIONS

 

Le vigneron Antoine Lhéritier transmet sa proposition spéciale

" Fin des vendanges "

Pour cette année, il a choisi un assortiment composé ainsi:

2 Muscat de Rivesaltes 2005 " Les Escounils "

4 Côtes du Roussillon 2004 " Domaine du Moulin "

6 Côtes du Roussillon Villages 2004 " Romani Menut "

Pour ces 2 Muscats et ces 10 grands vins rouges de garde, soit 12 bouteilles au total, le prix spécial proposé, livré à domicile, dans toute la France est de :

80 Euros

A titre indicatif le prix tarif de ce carton, transport compris, serait de :108 Euros.

Cette proposition court jusqu’au

30 novembre 2006

.

Après il sera trop tard.

 

Pensez à profiter de cette promotion pour vos cadeaux de fin d’année, vous pouvez réserver cette offre dès maintenant. Une carte de visite suffit, nous nous occuperons du reste.

 

 

 

 

Posté le 14/10/2006 - ( 0 )
 STENDHALTHOMB  

 

 

BOIS ET VINS

 

 

 

A propos de cette histoire de copeaux de bois que l’on est désormais autorisé à introduire dans le vin, il me dit :

- Si j’ai bien compris, il y aura à boire et à manger dans votre vin. Hé, les vignerons, si je ne m’abuse, vous voulez nous faire bouffer du bois.

- Non, non…, je réponds, les copeaux ne font qu’un simple passage dans le vin, ils font trempette, le temps de donner un bon petit goût de bois et puis on les enlève, ni vu, ni connu, une macération quoi, une sorte de tisane.

- Ah, bon ! fait-il, alors ce n’est pas si grave.

- Tu as raison ce n’est pas si grave. Tu veux une comparaison ? Tu verras combien cette opération est bénigne. T’intéresses-tu à la littérature ?

- Oui, bien sûr.

- Eh bien ! voilà, boiser un vin avec des copeaux de bois c’est un peu introduire des phrases d’Amélie Nothomb chez Stendhal ou du Marc Lévy chez Mallarmé. Tu vois, rien de grave. Peut-être même certains trouveront plus passionnant de lire du Stendhal aromatisé à l’Amélie Nothomb ou du Mallarmé épicé de Marc Lévy ? Allez, le monde continuera de tourner, pourquoi faudrait-il s’alarmer à chaque fois que l’on s’en prend à son âme ?

A quoi bon ?

 

 

Posté le 12/10/2006 - ( 0 )
 DEFORESTATION  

 

 

LE BOIS DONT ON FAIT LES FLUTES

 

 

Bruxelles vient d’autoriser l’incorporation de copeaux de bois au vin.

Mais qui a donc introduit cette requête auprès de l’Europe ?

Des forestiers ? Des vignerons ?

Cette décision n’est pas proprement scandaleuse, depuis longtemps, le vin et le bois vivent en concubinage, cette alliance qui devrait n’être qu’exceptionnelle est devenue notoire et commune au point d’être assimilable aujourd’hui à du racolage.

Dénature-t-on plus sûrement le vin en l’entourant dans du bois ou en l’y plongeant ?

On le faisandera pour moins cher, voilà le progrès.

Mais à propos, quel bois ?

Chêne, acacia, figuier, abricotier, acajou, bois de chauffe, bois dont on fait les flûtes ?

Je ne vois poindre à l’horizon de cette décision qu’une crise de plus : à celle du vin va s’ajouter désormais celle de la déforestation.

Posté le 10/10/2006 - ( 1 )
 SARKONAROLE  

 

 

OTE-LUI LA CAPUCHE

 

Au sujet de mon envoi précèdent sur Savonarole, quelqu’un me dit (sans doute ma conscience) : Mais cette histoire est contemporaine, un redresseur de torts et de morale, un justicier, nous en avons un aussi.

D’ailleurs, continue-t-il, ôte la capuche du portrait de Savonarole et dis-moi, allez, dis-moi…

Mon Dieu, ma conscience a raison, la ressemblance est frappante, l’histoire se répète.

Nous sommes à Florence, en compagnie des Médicis, au milieu de l’art, des réjouissances et de la luxure.

Mais nous en faisons trop.

Il faut corriger nos travers.

Voici venu, à nouveau, le temps de Sarkonarole.

 

 

 

 

Posté le 8/10/2006 - ( 0 )
 LA FOURRIERE DE FLORENCE  

 

 

SAVONAROLE ET LA VOLKSWAGEN

 

 

(ECHOS D’UNE VIEILLE BIBLIOTHEQUE)

 

Un livre édité en 1859 chez L. Hachette.

Jérôme Savonarole, un ouvrage écrit par un nommé Perrens et couronné par l’Académie française.

Acheté d’occasion dans un grand état de délabrement et relié (en rouge flamme) dans un couvent, les sœurs bénédictines ne m’en ont pas voulu de leur avoir confié cet excommunié, enfin je ne crois pas, il faut dire que Savonarole jouit dans l’Eglise du même statut que Che Guevara dans le monde, un type condamné par ses contemporains que l’histoire absout et qu’elle finit par vénérer.

Cette reliure fait passer Savonarole du coût de 1 € à celui de 31 €. Il est économiquement réhabilité.

Je ne regrette pas mes sous, un papier vieux, craquant, jauni, aux odeurs de bibliothèque de couvent, il me semble avoir Savo dans les mains.

Sacré Jérôme, moine dominicain déjanté, inventeur du bûcher des vanités qui nous a cramé des livres, Boccace, Pétrarque, des bijoux, des tableaux tout ça parce qu’il n’était pas d’accord avec le pape Alexandre VI, (un Borgia bien pourri celui-là, avec poules et gitons) et parce qu’il voulait corriger Florence de ses vices et de sa magnificence déspiritualisée. Peut-on et doit-on corriger la perfection esthétique? 

De quoi se mêlait-il ? Ne pouvait-il pas les laisser tranquilles ces Florentins insouciants, appliqués à leurs plaisirs, boire, manger, chanter, baiser et tout en même temps à nous laisser une ville exemplaire ? Quels habitants, de quelle cité ont pu mieux faire ?

Ce Savonarole pour qu’il m’apparaisse plus petit, (car de près et en gros, il me terrorise, de son regard, de son nez, de ses catastrophes prédites, de sa piètre considération du plaisir), je me juche sur le campanile du Duomo et, de là-haut, je le vois, à la taille d’une fourmi, raser les murs, sa robe de bure traînant sur le sol, tirant derrière lui, depuis son couvent de saint Marc, des anges ou Satan et pénétrant avec eux sous la coupole de Santa Maria del Fiore en ruminant les méchancetés à proférer.

Pénitence, pénitence, on s’en fout, disaient les arrabiati (enragés) qui lui étaient hostiles, repentir, repentir, répondaient en se lamentant et en se frappant la poitrine, les piagnoni (pleureurs), ses militants.

Ce Jérôme, fraîchement débarqué de Ferrare et du moyen âge, arrive à Florence pour semer la panique dans une ville qui s’ouvre à la Renaissance et qui ne demande rien à personne. Il lui fout la trouille. A lui tout seul, il est à deux doigts de flanquer la Renaissance par terre. Par la magie de son verbe et ses accointances célestes présumées, il se crée une clientèle nombreuse, il s’oppose aux Médicis, il rétablit la morale et instaure une république dont le président est Jésus-Christ lui-même.

De là-haut, je le vois encore, se diriger vers la Piazza della Signoria, en jetant un coup d’œil vers la Via de Cerretani où la fourrière florentine a embarqué ma Volkswagen lors de mon voyage de noces (une vraie VW, pas le clone actuel) parce qu’arrivé de nuit je n’avais pas vu les interdictions. Quoi, il y a des choses interdites à Florence ? Quelle gueule devant ma jeune femme en descendant de l’hôtel, et quel signe avant-coureur pour elle ! Mais c’était il y a bien longtemps.

Je vois aussi les fidèles se rendre en foule au Duomo pour être traités de pêcheurs et se faire promettre l’enfer, en revanche de là haut, malgré mes mains en visière, je ne retrouve pas le parc de stationnement où on avait collé ma voiture. Ça m’avait coûté un max.

Bon tout a une fin, les Volkswagen comme les tyrans. Les femmes, adultères ou non, les cardinaux, les puissants, le pape, ses confrères moines, les bonnes sœurs, les commerçants, les comédiens, les vieux, les jeunes, les cocus, les célibataires, tous, fatigués par cette outrance de la pureté, la pureté sans modération c’est pire que l’alcool, ont trouvé plus simple de le pendre puis dans la foulée de le brûler et de balancer ses restes dans l’Arno. En 1498. Exit Savonarole. Il avait 46 ans. Bon débarras.

Pourtant il hante encore la ville et une plaque de marbre sur la Piazza della Signoria où il est parti en fumée commémore l’événement. Fierté ? Remord ?

Il existe un mystère dans la relation Florence et Savonarole, un charme quasi-céleste désormais les réunit. Il pèse sur la conscience de la ville fleur et la beauté de celle-ci sera imprégnée jusqu’à la fin des temps d’un je ne sais quoi de fatal et dangereux.

 

 

Posté le 5/10/2006 - ( 2 )
 JOIES CELESTO-SENSORIELLES  

 

 

JOURNAL DE LA PLUIE ET DU BEAU TEMPS

 

 

LE REQUIEM ALLEMAND ET LE HORS D’AGE

 

De temps en temps, j’ouvre l’excellent livre de Bernard Revel Journal de la pluie et du beau temps, aux éditions Trabucaire.

En fait il s’ouvre presque tout seul, je l’ai placé bien en vue, dans mon entrée, sur un meuble où je pose mes clés, mes gants, mon courrier, mes factures et pour oublier ces dernières - c’est aussi un réconfort un livre, ça désamorce nos factures et les solde virtuellement - je me fais deux pages ou trois selon le cas. Ce sont de petites chroniques très courtes. Savoureuses.

Hier, je tombe sur celle-ci, titrée : Samedi 21 avril 2001, j’ai pleuré dans l’église de Montserrat en écoutant le Requiem allemand de Brahms. Je ne m’attendais pas, en ce lieu et avec cette musique, à ce bonheur là.

Moi non plus, enfin moi aussi ou plutôt pas moi mais un de mes clients s’est un jour extasié, dans ma cave, en levant le verre de Hors d’âge que je lui faisais déguster, vous ne pouvez pas savoir le plaisir, la quasi-béatitude que j’éprouve, me dit-il, en goûtant ce vin au son de la partie en fugue du Requiem allemand.

Car ce morceau passait à ce moment-là sur mon lecteur de CD.

Je ne sais s’il faut en remercier Brahms ou le Hors d’âge ? Car voir quelqu’un exprimer ce type de joie aussi pure, ce nirvana célesto-sensoriel, c’est très rare.

Mais je sais en revanche que je peux remercier Bernard Revel du somptueux souvenir que ses quelques lignes, vite lues, entre mes clefs et mes factures, m’ont offertes.

 

 

Posté le 3/10/2006 - ( 0 )
 TRANSCENDANCE  

 

HOPPER EST ENNUYE PAR SA PROSTATE

OU

LES HEMORROÏDES DE LA MAJA NUE

On vient de se rendre compte, par des procédés très techniques que la Joconde relevait de couches.

C’était évident, enfin !

Comme il est évident que :

La Vénus de Milo souffre d’aérophagie.

Le penseur de Rodin a des corps aux pieds.

La Maja nue a du mal à se débarrasser de ses hémorroïdes.

Le crieur de Munch se plaint de ses dents.

Les joueurs de cartes de Cézanne puent des pieds.

L’origine du monde a une légère alopécie.

Le Christ jaune de Gauguin est atteint de cirrhose.

Les demoiselles d’Avignon ont la syphilis.

Le docteur Gachet a mauvaise haleine.

Hopper est ennuyé par sa prostate.

Et dans le repas chez Lévi on se demande si le vin n’est pas un peu piqué.

Les artistes ne peignent que des contingences

Mais l’art transcende nos misères.

 

 

Posté le 1/10/2006 - ( 1 )
 
  [ La Maison du Muscat | Le domaine Lheritier | Vente en ligne | Contactez-nous | Plan d'Accès | Le Blog d'Henri Lheritier ]