retour accueil 
 
 

 

 

Septembre 2010
Août 2010
Juillet 2010
Juin 2010
Mai 2010
Avril 2010
Mars 2010
Février 2010
Janvier 2010
Décembre 2009
Novembre 2009
Octobre 2009
Septembre 2009
Août 2009
Juillet 2009
Juin 2009
Mai 2009
Avril 2009
Mars 2009
Février 2009
Janvier 2009
Décembre 2008
Novembre 2008
Octobre 2008
Septembre 2008
Août 2008
Juillet 2008
Juin 2008
Mai 2008
Avril 2008
Mars 2008
Février 2008
Janvier 2008
Décembre 2007
Novembre 2007
Octobre 2007
Septembre 2007
Août 2007
Juillet 2007
Juin 2007
Mai 2007
Avril 2007
Mars 2007
Février 2007
Janvier 2007
Décembre 2006
Novembre 2006
Octobre 2006
Septembre 2006
Août 2006
Juillet 2006
Juin 2006
Mai 2006
Avril 2006
Mars 2006
Février 2006
Janvier 2006


 


( Tous les articles - décembre 2006 )
 TETE COUPEE  

BARBARA CARTLAND VIT ENCORE

ET MOZART AUSSI

 

Les éditeurs sont des gens chanceux.

Ils ne cessent de découvrir des inédits d’auteurs morts et archi morts.

Le record a été battu il y a deux ou trois ans par un éditeur anglais qui a découvert une quarantaine de romans posthumes de Barbara Cartland, décédée en l’an 2000 (on en est sûr, voir photo, ci-dessous). C’est quand même une aubaine, une sorte de miracle car en théorie on a plus de chance de découvrir dans un grenier les inédits de Raymond Martin ou de Marcel Dubois que ceux de la Cartland.

Mais c’est comme ça, le hasard est si grand.

Les éditeurs de musique ne sont pas en reste : régulièrement on exhume une sonate, un concerto ou même une symphonie de Mozart et des clones de Wolfgang et de da Ponte nous préparent sans doute pour les années à venir des opéras redécouverts.

Je passe des nuits entières à fouiller dans ma cave, jamais je n’y trouve un Rivesaltes 1809 ou 1860, ni un 1920, pas plus qu’un 1934.

Bof ! On ne me les achèterait pas quand même.

Et puis je n’ai pas envie de prendre mes clients pour des imbéciles.

 

 

 

Décor :

- 1 roman de Barbara Cartland choisi parmi ses 720 œuvres (immortelles donc).

- Barbara herself. 

- Tête de son éditeur tranchée par un client mécontent (un nommé Caravage, serial killer actuellement en prison).

Posté le 30/12/2006 - ( 0 )
 LA MECANIQUE DE L'AMOUR  

 

ELOGE DE L’INFAMIE

 

 

" On n’est pas beau après l’amour. Mouvements ridicules où on perd chacun un peu de matière. Grandes saletés. "

Quel poète ce Léautaud !

Parlait-il ainsi à chacune de ses maîtresses ?

Il divulgue là une conception, disons mécanicienne, de l’amour.

Mais au fond, il n’a pas tort. Il y a pas mal de mécanique dans l’amour. Ça tombe en panne, ça s’emballe, ralentit, accélère, ça casse, ça consomme, ça s’allume, ça gicle, ça s’éteint, s’étouffe, vrombit, hoquète.

Oui, l’amour, c’est une histoire d’engrenage.

Ce Léautaud est infâme. Mais n’écrasons pas l’infâme. Nous avons besoin de lui.

Il nourrit littérairement la part d’infamie qui est en nous. C’est un saint, il se charge de nos péchés.

Nous pouvons lui en être reconnaissants.

Et louer son Journal Littéraire, 19 volumes, 8000 pages, 50 ans de vie littéraire.

Moi, il me comble.

 

 

En décor:

(Songe d'une nuit d'hiver 27/12/2006)

C'est la faute à Bouguereau.

Posté le 28/12/2006 - ( 2 )
 LE CONTE DE NOEL  

 

CONS DE NOEL

L’ALLUMÉ DES LAMPADAIRES

(Pour enfants seulement)

Le type avançait d’un pas lourd. Il me ressemblait. Je me demandais si ce n’était pas moi.

Il ne passe jamais personne devant ma maison.

J’habite à deux pas de la ville. On apercevait ses lumières.

Où allez-vous ?

Il tapa des pieds comme s’il voulait débarrasser la neige de ses souliers. Pâle, échevelé, l’œil noir, le menton pointu, ce n’était pas moi.

Il n’y avait pas de neige. On était pile le jour de Noël.

Je me casse, dit-il, toujours en tapant des pieds.

Il avait l’air furieux.

J’en ai marre, je quitte ce pays de cons. Noël est la fête la plus abjecte que je connaisse. Ici on a eu 1000 peintres, 1000 écrivains, 1000 musiciens et qui va-t-on chercher pour l’ambiance et les décos ? Qui ? Je vous le demande…Son col était relevé, il postillonnait, il faisait des yeux de grenouille, exorbités, un côté Antonin Artaud, c’était lui peut-être… Les épiciers ! Oui, monsieur, les épiciers et les électriciens, vous avez vu ce qui pend aux façades des maisons, aux arbres, aux lampadaires, ces fils de bave lumineux, ouais, des fils de bave ! Connards va ! Et ces chants à la sono publique, cette musique chamallow, vous avez entendu ? Pouah ! C’est immonde, monsieur …Ses cheveux battaient autour de ses oreilles...Ou bien Céline, celui d’après-guerre, le fou de Meudon. Ha, Ha, je vous le dis, s’il devait revenir, l’autre là haut ... il désignait le ciel du doigt, en ricanant, il voulait sans doute parler de Jésus,… il en ferait une tronche. Non, non, c’est fini, bien fini, allez je me barre et d’ailleurs…il s’était retourné et reprenait la route,… et d’ailleurs, dans ce pays stupide, on peut même plus picoler.

Bon allez, salut.

Il avait levé son bras droit, en tapant de son bras gauche à l’intérieur de son coude.

J’avais des boules multicolores autour du cou, je m’apprêtais à pendre des guirlandes lumineuses sur mes fenêtres, devant l’entrée j’avais dressé un sapin avec de la poudre dessus, j’y avais suspendu des petits paquets, des odeurs de dinde et de marrons glissaient sous la porte, et les anges dans nos campagnes entonnaient un hymne sur mon lecteur, bouche bée, lamentable, je le regardais s’éloigner.

Le père Noël existe.

(Bon, ça va, ça va…)

 

Décor : Cheglov

(Salut Evgueni, quel temps fait-il à Saint Petersbourg ?)

 

 

 

Posté le 25/12/2006 - ( 2 )
 UN PEINTRE GREC  

SAINTE FAMILLE

 

Une scène familière,

Un artiste.

Par quel mystère 4 couleurs - posées avec désinvolture ou facilité dédaigneuse ? - peuvent-elles s’ordonner d’une aussi magistrale manière et nous affecter si fort ?

Le divin ?

Le hasard ?

Le génie ?

Epoustouflant !

 

 

 

Pour mardi 26 décembre, un conte de Noël.

 

Posté le 23/12/2006 - ( 5 )
 ENTRE DEUX  

PAGE EROTIQUE

(MAIS QUE L’ON PEUT METTRE SOUS TOUS LES YEUX OU ENTRE TOUTES LES MAINS)

 

Un des deux frères Goncourt, Jules ou Edmond – c’est agaçant, dans ce couple, on ne sait jamais qui fait quoi, lorsqu’ils ne seront plus qu’un, à la mort de Jules, on commencera enfin à distinguer les deux – un des deux frères Goncourt, en vacances d’été au bord de mer, en 1864, du côté de Trouville - les Goncourt étaient rentiers, ils foutaient pas grand chose les types, à part baver sur leur prochain - un des frères Goncourt donc (on y arrive) côtoie une de ses amies " au décolletage qui montre le tendre de l’entre-deux des seins ", ça le met dans un état, le pauvre. Moi aussi car j’ai rarement rencontré plus belle expression sensuelle.

Esthètes de l’érotisme, n’est-ce pas les Goncourt, on sait ce qui est bon, les gars, chapeau !

" Le tendre de l’entre deux des seins ", laitue, fromage, mie de pain, je le vois, je le sens, je le touche, je le mange.

Mais une tristesse soudaine m’atteint. Cette sublime perception du tendre, cette carte du tendre, ne sont-elles pas désormais obsolètes ? Et même perdues.

Notre appauvrissement sensuel augmente au fur et à mesure de l’abondance des biens mis à notre disposition.

Aujourd’hui, au bord de mer, avec la mode des seins nus, le gavage que l’on nous sert ne nous permet plus de distinguer le tendre de l’entre-deux des seins.

Posté le 19/12/2006 - ( 8 )
 DE PLUS MALHEUREUX QUE MOI  

 

MESSAGERIE ET MISERE DU MONDE

Je reçois tous les jours dans ma messagerie des suggestions pour améliorer mes performances sexuelles (que l’on doit juger moyennes) ainsi que des méthodes d’accroissement de mon potentiel organique (je mesure avec effroi l’écart qui me sépare d’un équipement de bon aloi).

Le matin, j’efface ces promesses de jouissances virtuelles, j’en pleure, ai-je le droit de passer à côté de tout ça ? mais j’efface quand même.

Il y a plus malheureux que moi.

Ainsi le message de cette jeune fille : Haut dirigeant d’un pays africain, son père est abattu en plein conseil des ministres par un opposant, sa mère, désespérée, est obligée de quitter son logement ; recueillie par un vague parent elle se retrouve taxi girl dans un bar mal famé d’un port de commerce, on la découvre un beau matin sur un quai, nue, ligotée, au milieu d’un chargement de coton, tuée par une balle tombée d’un cargo. Reinita, quant à elle, c’est le nom de la jeune fille qui m’envoie ce SOS, a été violentée par son oncle, par son professeur de mathématiques et par les policiers auprès desquels elle se plaignait, elle est donc atteinte du sida, elle a perdu la vue et a étranglé de ses mains son enfant handicapé qu’elle a jeté dans une poubelle, elle envisage de se suicider, plus rien ne la retient à la vie.

Ah, oui, une seule chose, elle dispose de 350 millions de dollars en Suisse que son père avait mis de côté mais la poisse la poursuit, elle ne peut pas y toucher sans une formalité que l’Européen que je suis peut parfaitement remplir.

C’est décidé, je ne me défilerai pas devant tant de malheur. Je dois moi aussi accomplir ma part d’humanitaire. Je vais l’aider.

Elle habite Lagos, au Nigeria, mon Dieu pauvre fille.

Ah, l’Afrique, quel continent !

 

Le décor: Basquiat

Georges Mimiague (Hyperréaliste)

Rebeyrolle

Posté le 16/12/2006 - ( 0 )
 DE SUPERBES FAISANS  

 

UNE BOURGEOISE NYMPHOMANE

ECRIT SUR DE L’EAU

 

 

(ECHOS D’UNE VIEILLE BIBLIOTHEQE)

 

Ecrit sur de l’eau…, moi, l’eau déjà... de Francis de Miomandre, un nom de guerre bien entendu qui permet de se situer. On comprend qu’il ne s’agira pas d’un roman à la Germinal.

Et le type commence mal avec une première phrase biscornue qui veut faire passer une évidence pour un aphorisme : à 26 ans, on commence à vieillir, hé ! Francis, à 25 ans aussi, et à 90, encore et toujours, car l’âge est un état qui ne nous laisse jamais en paix.

Un bavard, je suis tombé sur un bavard impénitent, ce Miomandre est un de ces bonhommes idoines dans les thés dansants de l’après-midi pour raconter des bobards aux bonnes femmes en goguette mais dans un roman, c’est une scie.

Alors on se dit : Les Goncourt, sur ce coup, ils ont vraiment déconné. Car ce livre a obtenu le prix Goncourt en 1908. On a envie de prendre les noms des académiciens de cette époque et de les dénoncer à la police ou de leur faire un procès par contumace.

C’est d’un mauvais !

Il est tellement bavard le Miomandre que certaines fois il délaisse ses héros pour raconter au lecteur tout et rien, ses courses au magasin, ses ennuis domestiques, il cause, il cause puis il reprend son sujet, s’arrête, redémarre, ah ! il jette vraiment sur sa route des bâtons rompus, je peux le dire, mais moi lecteur, j’ai une histoire à lire, je ne suis pas là pour m’entendre raconter la vie intime du romancier, tu m’entends Miomandre, tes histoires personnelles je m’en moque.

Soudain, une défaillance, un désarroi. En feuilletant, afin d’évaluer la durée approximative du désastre, je m’aperçois qu’à partir de la page 112, le lecteur précèdent a déposé les armes. Les feuillets ne sont plus coupés ! glapis-je en mon for très intérieur. Alerte, branle-bas de combat, dois-je continuer, possédè-je un coupe-papier, sinon où en trouverai-je un, puis-je l’utiliser sans risque dans mon lit, car je lis aussi au lit. Sueurs glacées, interrogations poignantes, sens du devoir, etc. Allez, je continue. Je passerai moi, monsieur. Là où personne n’est passé, je passerai.

Un saut sur les dernières pages où figure la bibliographie de Miomandre m’apprend qu’il a écrit de 1904 à 1948, sans s’arrêter et certaines années il a pondu 4 ou 5 livres. Pire que Max Gallo, il faudrait 3 vies pour le lire.

Et puis, page 77, je tombe sur cette réflexion par laquelle Miomandre caractérise son héros qui se veut écrivain : " Pour être littérateur, il ne suffit point comme les apparences portent à le croire, d’avoir été rejeté de toutes les catégories sociales ou de s’être reconnu soi-même incapable de quoi que ce soit, il faut encore avoir écrit ".

Cet animal vient de déclencher ma bonne humeur. La bonne humeur de celui qui lit transforme-t-elle ce qu’il lit ?

Je n’en sais rien mais le fait est que je n’ai plus quitté le livre, je me poilais, j’avançais en rigolant, j’ai même laissé de côté La possibilite d’une île, pourtant un bon livre lui aussi, mais Miomandre il se le mange le Houellebecq, et en petits morceaux, enfin il me semble.

Je trouve désormais à Ecrit sur de l’eau toutes les qualités. C’est drôle, distancié, ça ne se prend pas au sérieux, c’est critique, très critique mais une critique de vaudeville d’autant plus efficace qu’on la sent exempte de jalousie ou d’aigreur, il n’y a pas d’antisémitisme latent contrairement à tant de romans de cette époque, alors on en oublie les bavardages et parfois on se prend même à louer le style. Une histoire de faisans marseillais plutôt sympathiques, spéculant sur des mines d’or exotiques mais surtout inexistantes, ne perdant pas leur superbe au milieu des mondanités, des chertés de la vie et du bal des huissiers, et d’un jeune homme follement amoureux d’une bourgeoise nymphomane, bref lorsqu’on a compris le rythme, on trouve ça épatant.

C’est une leçon, il ne faut jamais s’arrêter à la page 112 d’un roman. Pauvre type qui avait acheté ce livre et qui a calé au milieu. C’est un peu comme s’il n’avait mangé que le pain de son sandwich au jambon.

Moi, une bière fraîche à la main, tout est bien passé.

14,5/20 Miomandre et félicitations.

Ah, oui, le titre Ecrit sur de l’eau, rien à voir ! Mais cela ne fait-il pas partie du clin d’œil ?

Je retire ce que j’ai dit à propos des Goncourt, ils n’ont pas fait d’erreur, d’ailleurs on donne leur nom à la fin du livre : Léon Hennique, Gustave Geffroy, J.H Rosny Aîné, J.Rosny jeune, Léon Daudet, Elémir Bourges, Lucien Descaves, Jules Renard, Octave Mirbeau, Paul Margueritte qui se sont réunis le 3 décembre 1908 au Café de Paris pour attribuer par 6 voix à 4, le 6ème prix Goncourt à Francis de Miomandre qui n’avait que 28 ans, bravo les gars !

Mais ne suis-je pas trop bon prince aujourd’hui ?

Décor: Gervex, Lheritier (la photo ratée) et Tapiés (pour le plaisir).

 

Posté le 13/12/2006 - ( 10 )
 ON TOURNE EN ROND  

REFUS DE VENTE

Dois-je le dire ?

Ma passion pour mes bouteilles est si vive que la seule idée de les vendre m’insupporte.

Je ne peux pourtant pas les boire toutes.

De toute façon bues, elles m’échapperaient aussi.

Je suis touché autant par leur présence que par leur absence.

Mais…mais… ce que je viens de dire ressemble à…

…à une définition de l’amour.

Euréka, je viens de trouver une définition nouvelle de l’amour, ouais…moi…

Et quand l’amour s’empare de quelque chose, tout peut arriver.

Et quand tout peut arriver la vie mérite d’être vécu.

Mais pourquoi diable en suis-je venu à parler d’amour moi qui ne pensais qu’à mon vin.

 

Décor : Lichtenstein et Cabanel

 

 

Posté le 11/12/2006 - ( 4 )
 AH, DIEU QUE C'EST HEUREUX  

EXTENSION DU DOMAINE DE LA LITTERATURE

(SERIE A, SERIE B, A TRIER)

J’ai le Vialatte qui m’éclate

Le Béraud qu’est trop gros

Le Bourget engorgé

Le Bordeaux pas trop beau

Le Mauriac qu’est coriace

Le Morand sacripant

Le Carco escargot

Le Peisson très poisson

Le Vercel poivre et sel

Le Farrère désespère

Le Claudel pas trop clair

Le Péguy qu’est trop gris

Montherlant qu’est trop lent

L’Eluard qu’est flemmard

L’Aragon qu’est pas con

Ah, Dieu que c’est ennuyeux

Les écrivains trop vieux

Le Dorgelès je leur laisse

Le Jouhandeau gigolo

Le Malraux vieille peau

Le Margueritte il m’agrippe

Le Mirbeau est trop beau

Le Renard pas moral

Le Benoît vieille noix

Le Bloy n’est pas droit

Le Céline dégouline

L’Allais pas trop laid

Le Daudet soupe au lait

Le Gide qu’est rigide

Le Zola tout Nana

Le Queneau tout penaud

La Colette rondelette

Ah, Dieu que c’est heureux

Les écrivains nombreux

Etc.

Bon, je vais lire Proust

Pas de doute

Décor : Boldini et Matisse.

En peinture aussi, il y a du premier choix et de la série B, mais on peut prendre du plaisir aux deux.

 

 

Posté le 8/12/2006 - ( 0 )
 RAVEL  

NOUS SOMMES DES POISSONS D’EAU TIEDE

 

 

SORTIES DE BAIN

Si on devait regrouper un jour ces interventions électroniques épisodiques, on pourrait les appeler, me semble-t-il, " Sorties de bain ".

Puisque aussi bien, c’est l’eau et la mousse de ma baignoire qui, tous les matins, les suscitent.

On s’en veut quelquefois de sortir de son bain. D’abord il est dommage d’abandonner l’eau tiède et savonneuse…

Première phrase du Ravel d’Echenoz.

Il y a dans ce récipient quelque chose qui facilite la création. Est-ce là que Ravel a conçu son Bolero ? Créer dans une baignoire c’est autrement confortable que de se battre avec une toile, une pierre brute ou une feuille blanche.

La baignoire est l’atelier des artistes indolents.

Ou peut-être suscite-t-elle une nouvelle école : l’art tiède.

La première ébauche animale était, dit-on, aquatique. N’est-ce pas une mémoire qui a traversé des millions d’années qui vient au moment de ce contact avec l’eau nous rappeler que l’acte qui définit la nature humaine est celui de la création, même si, ne nous leurrons pas, nous avons peu de chance d’y composer nous aussi, un Bolero.

Ces " sorties de bain " sont tout ce que ma baignoire me souffle.

 

Bonnard et Boticelli avaient compris tout ça bien avant moi.

Posté le 6/12/2006 - ( 3 )
 
  [ La Maison du Muscat | Le domaine Lheritier | Vente en ligne | Contactez-nous | Plan d'Accès | Le Blog d'Henri Lheritier ]