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Tous les articles - août 2006
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HERZEGOVINE MON AMOUR
" A L’OMBRE D’UNE FEMME "
(ECHOS D’UNE VIEILLE BIBLIOTHEQUE)
Un début craignos, au misérabilisme zolaesque où l’on boit plus de fine et d’anis que de vin, puis le mouvement s’enchaîne bien avec le récit d’une ascension bourgeoise : un trio classique, une femme un peu salope et ambitieuse, un mari soupçonneux et mollasson et un protecteur vicieux et riche.
Perversité, noirceur, haine, désirs, on côtoie toutes les faiblesses humaines, on devine parfois quelques grandeurs, et la compassion s’extraie de l’histoire et non du bavardage de l’auteur.
On est proche de la vie, donc c’est un roman.
A l’ombre d’une femme est paru en 1939, mais à mon avis le livre a été écrit en 1934, pour 2 raisons, dont une essentielle, l’auteur est mort en 1937 et l’autre à lire ci-dessous. Publié chez Fayart, c’est un des ces livres au format bizarre, carré, à la couverture jaunâtre, avec des moches gravures (ils les appellent des bois), dans une collection intitulée Le livre de demain.
La seconde raison : la voilà. Un personnage s’adresse dans ces termes à quelqu’un qui se prend pour un empereur : " Je suis Adolphe, votre nouveau chancelier ". Hitler venait d’être nommé chancelier en Allemagne en janvier 33. En 1934 on pouvait sans doute encore plaisanter au sujet de ce bonhomme à moustache ridicule, en 1939 on n’avait plus tellement envie de rire.
La dernière phrase du livre est superbe, (enfin, moi, je la trouve superbe) et je peux la citer sans risque d’enlever du suspens, d’ailleurs qui lira ce livre ?
" J’étais en Herzégovine quand elle a épousé un imbécile ".
Henri Duvernois, " A l’ombre d’une femme " Prix imposé ( c’est marqué sur un petit tampon au dos, à droite) en 1939 : 5 Fr. Le volume.
Une vingtaine de films ont été tirés de l’œuvre de Duvernois dans l’entre-deux guerres.
Il n’est pas mauvais ce type, pas mauvais du tout.
14/20
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LE MILLESIME 2006

Cette petite fille n’a pas encore deux mois.
Elle s’appelle Julie.
Son père, Antoine, est en pleines vendanges.
Elle a déjà compris qu’il va faire de très beaux vins et se réjouit à l’avance en levant les bras au ciel..
2006 ! Un excellent millésime, n’est-ce pas Julie ?
Et il y aura sans doute, une Cuvée spéciale Julie, une cuvée d’une grande élégance, suave, toute en finesse, hors de prix, évidemment.
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| LA METAMORPHOSE DES COMPORTES |
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LA SIXIEME ANNEE DU SIECLE
L’histoire recommence.
Vendanges.
Les cailloux ont enfanté un fruit. Faut-il que la vigne soit affectueuse et aimante, sensuelle même, avec ses bras qui touchent, qui caressent, ses pieds qui fouillent, qui pénètrent, pour qu’un sol si rude accepte d’être un père nourricier.
Une histoire d’amour qui claque comme une pierre au soleil. Les lézards eux-mêmes n’en reviennent pas. Certains jours, les pauvres, ils rêvent eux aussi de faire l’amour à la terre, c’est pour ça qu’ils s’y collent dessus et s’y confondent.
Le muscat petit grain est cueilli, il fera notre Muscat de Rivesaltes " Flor de Romani " 2006, grande année bien sûr, comme diront bientôt les vignerons bordelais qui n’en manquent pas une.

En tout cas cette métamorphose débute avec des raisins sains et beaux.
Et l’esthétique est la première nécessité, le sine qua non du vin.
Sans la beauté, rien n’existe.
D’où, optimisme.
D’où faut attendre.
Attendons.
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| Entraineurs génétiquement modifiés |
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" NO SPORT "
DES MEDAILLES QUI VOUS COLLENT AU FOND
On a beaucoup parlé ces temps-ci d’une nageuse française qui gagne des courses à tire-larigot.
Elle a un grand mérite car elle s’entraîne sous les auspices d’un zazou, bijouté à l’extrême, aux cheveux longs et blonds, façon années 80, qui a l’air aussi éloigné de la compétition sportive qu’un disc-jockey de bal de quartier l’est d’un programmateur de France-musique.
Ce type, je l’imagine, ne l’accompagne pas dans l’eau, car à coup sûr les médailles, les chaînes en or, les chevalières, les colliers, les dents de requin, les anneaux qu’il arbore sur son Marcel publicitaire Arena, le feraient couler à pic comme une sorte de monstre marin chevelu et submersible qui resterait ventousé aux carreaux du fond de la piscine.

Allez, c’était seulement pour me moquer un peu.
" Vive le sport " comme dirait l’autre, les doigts en V.
" No sport " répondait, quant à lui, Winston Churchill, les doigts en V également, lorsqu’on lui demandait la recette de sa longévité.

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JE VEUX ÊTRE PREMIER MINISTRE ANGLAIS
(ECHOS D’UNE VIEILLE BIBLIOTHEQUE)
André Maurois n’est pas un romancier exceptionnel.
Il est bien meilleur historien que romancier.
Et le biographe dépasse l’historien de cent coudées.
Dans cet exercice des vies contées, il atteint parfois le génie.
Sa " Vie de Disraeli " est un petit chef d’œuvre que l’on se doit de lire.
En le lisant, on ne cesse de se dire : " Je veux être premier ministre anglais, …je veux être premier ministre…, …je veux être… etc.
"
Mais de temps en temps on se pose la question tant Disraeli est séduisant, extraordinairement élégant et talentueux, si le livre ne lui doit pas tout.
Qu’importe le plaisir du lecteur est là.
18/20 Dédé, et bravo.
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LIVRE D’OR
Trouvé chez un brocanteur le vieux livre d’or d'un restaurant dans lequel j’ai relevé quelques réflexions.
" Revenir ici ? Peut-être, mais après ma mort, dans une bouchée à la reine. "
" Je m’en fous, ce n’est pas moi qui paie, mais quand même. "
" Le sucre était copieux, ne le cherchez plus, j’ai tout fourré dans ma poche. "
" C’était quoi le dessert, ah, bon ! "
" Fini, j’arrête le vin, l’eau aussi d’ailleurs. "
" Je préfère encore payer mes impôts que votre addition. "
" Les assiettes sales d’accord mais vous pourriez alors nettoyer les rideaux. "
A suivre
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PREMIERES QUESTIONS
Au milieu de la vigne, Antoine n’observe pas le ciel. Il a simplement pressé un grain de raisin, il a posé une goutte de jus sur la plaque de verre de ce réfractomètre et il lit le degré, c’est-à-dire l’équivalent alcool du sucre contenu dans le raisin.
C’est l’heure de la maturité.
Il faudra vérifier aussi l’état de la peau et goûter le raisin.
C’est le grand moment du vigneron, l’heure du choix. Quand faut-il cueillir ?
Le raisin a-t-il atteint son optimum ? Concentre-t-il tout ce dont il a besoin, en sucre, en acidité, en arômes pour faire demain un grand vin ?
Lui faut-il quelques jours de plus, quelques heures ?
Le temps lui donnera-t-il le temps ?
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D’INDIGNES AFFIRMATIONS
Tandis que je passe mon temps à proclamer que les Rivesaltes sont des vins doux naturels, qu’il est réducteur de les identifier à de l’apéritif, car ils ne sont pas que cela puisqu’ils peuvent aussi offrir de splendides correspondances avec des plats, des fromages, des desserts, alors que je dis haut et fort qu’un vigneron n’est pas un fabricant d’apéritif, qu’il ne supporte pas l’uniformité, qu’il la fuit comme la peste, qu’il se contente simplement d’élever un raisin, le sien, à la dignité de vin, avec toute l’acception de diversité qu’implique ce mot, et quand, le soir venu, la conscience nette, satisfait d’avoir comme chaque jour rempli un peu plus mon devoir, dans cette marche vers l’authenticité, la simplicité, la compréhension, je me félicite des petit pas en avant que je crois avoir fait accomplir aux amateurs de vin, d’autres vignerons, qui sont mes confrères, qui me représentent syndicalement, me faisant un enfant dans le dos, confient à des agences de publicité le soin de dire ce que justement les Rivesaltes ne sont pas et consacrent l’essentiel des cotisations des vignerons de l’appellation à confectionner d’immenses panneaux sur lesquels on peut lire, à l’entrée de nos villes ou nos villages :
ICI L’APERITIF C’EST RIVESALTES,
Alors, penaud, ridicule, baissant les épaules, les sourcils, les yeux devant les signes tonitruants d’une prostitution aussi fièrement affichée, d’une si répugnante compromission avec des marchands racle deniers, d’un aussi putride abandon à je ne sais quels infects intérêts, d’une aussi abjecte soumission, j’ai envie de faire mille pas en arrière et de me flinguer.
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SAUVES GRACE AUX ZOULOUS
Louis Napoléon Bonaparte dit, le Prince impérial, fils de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo, et virtuel Napoléon IV a connu un curieux destin. Après Sedan et la défaite de 1870, il quitte la France en compagnie de ses parents (plus exactement on les fout dehors).
Il a alors 14 ans.
Réfugié en Angleterre, il s’adonne au thé, au pudding, au cheval et parfois à quelques études.
La mort de son père, en 1873, le catapulte prétendant officiel au trône impérial.
Un nommé Auguste Filon, qui en avait trouvé un de bon en se faisant nommer précepteur de ce fils à papa, nous raconte sa brève vie avec force admiration. Pas étonnant, c’était son client.
En dehors des sentiments énamourés qu’il inspire à son biographe, on apprend peu de choses sur ce Napoléon-là, si ce n’est qu’il déteste Zola et voue une passion pour la chose militaire et la guerre. Encore un fin lettré.
On l’a échappé belle !
Il meurt par où il a péché puisque le 1er juin 1876, à 23 ans, engagé volontaire en Afrique du Sud, il se fait trouer la peau par une bande de Zoulous alors en révolte contre le Royaume uni. Cette embuscade où, abandonné de tous, des Anglais comme de son cheval blanc, il a trouvé une mort dite héroïque, nous a sauvé d’une énième aventure glorieuse car à coup sûr, tôt ou tard, on se le serait farci sur le trône. On aime tant ça, en France, les aventuriers.
Finalement, au sein de cette famille de héros si prodigues du sang des autres, il est le seul Bonaparte à verser le sien et à ne pas mourir dans son lit.
On pourrait en faire son épitaphe.
Les Bonapartistes ne se remettront jamais de ce destin avorté.
Sa mère, l’impératrice Eugénie, meurt quant à elle, en 1920 à 94 ans après avoir hanté toutes les villes d’eaux de l’Europe.
Dernier avatar de la famille, Philippe Seguin s’intéresse à elle, pond des livres sur elle et préface à tour de bras tous les ouvrages (hagiographiques) qui lui sont consacrés.
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LE LABRADOR A LUNETTES
Un vigneron est-il cet être rustique qui se plaint du mildiou, du prix du vin, des Anglo-saxons, de Bruxelles, qui peste contre les taxes, la pluie, le beau temps, la grêle, le soleil ou le vent ou bien ce personnage fastueux, chef d’entreprise au faîte de la réussite, chirurgien virtuose, sportif reconverti, comédien génial que l’on voit marchant dans ses vignes en souliers vernis, se donnant des allures de campagnard modeste, disant sa passion du vin et ses émerveillements, tandis que son labrador et sa femme, étourdis d’admiration pour lui, le suivent en lunettes de soleil et en levant la patte ?
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